BIOGRAPHIE

Si on devait raconter Leslie, je crois que l’on commencerait par quelque chose d’assez classique.

On évoquerait ses origines, ses jeunes années passées entre le Mans en France, Libreville au Gabon et Lomé au Togo, et son enfance moins tournée vers la télévision que bercée par les cassettes d’une mère passionnée par Ray Charles, Stevie Wonder ou encore Michael Jackson. On tenterait d’imaginer la mixité musicale qui peut naître d’un tel parcours oscillant entre l’influence de l’Afrique et celle de la musique classique, que la jeune Leslie passe alors des journées entières à écouter, amoureuse du genre.

On apprendrait que c’est d’ailleurs pendant ces années-là qu’elle commence à étudier le solfège, et que le piano devient son instrument de prédilection.

Puis on se rendrait à l’évidence de la transition culturelle bouleversante qu’a été son retour France. On ne pourrait alors que mieux expliquer le refuge dans son instrument, d’abord, puis dans l’écriture.

On s’étonnerait du jeune âge auquel elle a écrit ses premiers textes, ses premières chansons, puis s’amuserait de son succès à l’âge de 16 ans dans l’émission « Graines de Stars », sachant parfaitement qu’à l’époque, Leslie était absorbée par ses études et n’aurait même jamais entendu parler de cette émission si son frère ne l’avait pas poussée à y participer. Bien entendu, on admirerait le début de carrière qu’on lui connaît, avec plus d’un million d’albums et singles confondus écoulés, au cours de ses collaborations avec son frère David, puis auprès des incontournables Kore et Skalp.

Et, comme pour écrire la suite de l’histoire, on introduirait son cinquième album studio, « Des Mots Invincibles», dans la platine.

Là, d’abord surpris par un répertoire pop que l’on aurait imaginé partout sauf dans un disque de la chanteuse, on tomberait littéralement sous le charme. D’une voix douce-amère que l’on reconnaitrait parmi cent, on l’écouterait nous raconter ce qu’est devenu le monde en 2012, entre l’espoir fou d’un avenir meilleur et la désillusion ambiante, le soleil revenu et les amours déconvenues.

On se ravirait de la maturité des mots que Siméo a volé quelque part au fond de ses yeux pour les coucher sur le papier et s’enchanterait de l’entendre les déployer d’une voix apaisée, chaude, dénuée de tout artifice, parfois douce, souvent sauvage, toujours sublime. On s’accrocherait aux rythmiques à la fois poids et plume de Kore et Fred Savio, comme pour ne pas rater le moindre paysage de ce voyage intérieur, lumineux, mélodieux. On danserait aussi, habité par les mélodies de ces refrains pop qui vous hantent jusqu’au petit matin. Puis, en un clin d’œil, la dernière note s’endormirait au fond de la pièce.

On aurait alors l’impression d’avoir visité un monde entier que l’on ne connaissait pas, mais dont les paysages nous étaient pourtant familiers. Celui des enfants de l’orage, comme elle le dit si bien.Cette génération qui n’a de barrière que le respect des autres. Cette génération de la pluralité culturelle, musicale. Cette génération qui refuse les étiquettes. Celle qui sait vous faire danser avec des mots choisis. Des mots invincibles, tant ils sont remplis d’espoir.

Si on devait raconter Leslie, je crois que l’on commencerait par quelque chose d’assez classique. Mais il faut bien avouer qu’on serait hors sujet, car ce cinquième album de l’artiste est tout sauf classique. Parfait recueil de poésies modernes aux mélodies aériennes, on se dirait que ce petit bijou risque fort de compter parmi les plus précieuses pierres ajoutées en 2012 au grand édifice de la musique pop.